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L’architecture de la coordination internationale du développement et de l'action humanitaire

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Aperçu

Ce chapitre résume les structures actuelles de la coordination humanitaire internationale. Il couvre également les domaines où se recoupent la coordination de l'action humanitaire et celle liée au développement. Ce chapitre doit être lu en même temps que les chapitres portant sur l'approche sectorielle [/entry/41813/cluster-approach-iasc] et sur le Modèle de coordination pour les réfugiés [/entry/38270/refugee-coordination-model-rcm].

Conseils principaux

Logique sous-jacente ou objectif de l'approche ou du système

Les récentes urgences humanitaires ont requis une intervention humanitaire plus importante et plus complexe. Les intervenants humanitaires sont aussi devenus plus responsables vis-à-vis des populations qu'ils servent. La surveillance et le suivi publics de l'action humanitaire se sont accrus. Ces facteurs ont stimulé les efforts pour rendre la coordination au sein des Nations Unies plus efficiente.

Pour le HCR, la recherche d'une coordination efficace ne constitue pas une fin en soi, mais plutôt un moyen d'optimiser les effets positifs du HCR et de ses partenaires sur la protection, l'obtention des réponses humanitaires et les solutions au problème du déplacement.


Le HCR et d'autres agences encouragent la relation entre l'action humanitaire et le développement depuis de nombreuses années. En reconnaissant ce point et en favorisant des façons de travailler capables d'accroître la complémentarité, le Pacte mondial sur les réfugiés [https://www.unhcr.org/the-global-compact-on-refugees.html] a souligné la nécessité d'impliquer les acteurs du développement. Les liens avec le développement doivent être réalisés dès la phase de préparation. Ce lien est particulièrement essentiel lorsque des pays sortent d'une phase d'urgence pour aborder une période principalement marquée par des problèmes de développement comme ceux relatifs aux moyens de subsistance et à l'emploi.

Politique, stratégie ou orientation

Conseil des chefs de secrétariat
Le Conseil des chefs de secrétariat des organismes des Nations Unies pour la coordination (CEB) constitue, au plus haut sommet, le plus ancien forum de coordination des Nations unies. Il se réunit deux fois par an et il est présidé par le Secrétaire général des NU.

Il propose des directives larges, la coordination et l'orientation stratégique du système dans son ensemble, dans des domaines de la responsabilité des cadres exécutifs. Tout en garantissant le respect des mandats indépendants des organisations, il se concentre sur les priorités et initiatives interorganisations. Le CEB est composé de 31 organismes des Nations Unies, dont les Nations Unies, les responsables exécutifs des fonds et des programmes des Nations Unies, des agences spécialisées telles que les institutions de Bretton Woods (la Banque mondiale et le Fonds monétaire international) et des organisations associées (OMC, OIM et AIEA).

Le travail du CEB est assuré par deux comités de haut niveau : le Comité de haut niveau chargé des programmes (HLCP) et le Comité de haut niveau sur la gestion (HLCM).

Le HCR, représenté par le Haut-commissaire, est membre du CEB et de ses trois piliers constitutifs.

Réforme des NU
Le Secrétariat-Général (SG) a lancé un programme de réforme ambitieux visant à améliorer les résultats des NU à travers les trois piliers de sa mission : paix et sécurité, droits de l'homme et développement. Dans l'ensemble, le programme de réforme cherche à améliorer les résultats au siège et sur le terrain, en adoptant des approches intégrées, décentralisées et orientées sur les impacts partout où ces approches ont été fragmentées, centralisées ou lourdes en processus.

En 2017, le SG a initié trois réformes en vue de renforcer le système de développement des NU (UNDS), la gestion (interne) des NU et sa capacité à maintenir la paix (son architecture de paix et de sécurité). Le SG révise également les politiques du genre des NU afin d'accroître la parité, leurs efforts en vue d'éviter l'exploitation et les violences sexuelles, divers composants de l'architecture antiterroriste et la politique des NU sur les lanceurs d'alertes. Il convient de noter que le HCR soutient fermement ces efforts afin de redynamiser le système de développement des NU. En effet, cela est essentiel pour combler les divisions entre humanitaire et développement et apporter des réponses durables.

Le SG a placé la « prévention » au cœur de son effort de réforme. Sa vision de la prévention exige que le système des NU mette tout en œuvre pour aider les pays à éviter l'éclatement de crises où les pertes en vies humaines sont lourdes, l'ébranlement de ses institutions et l'affaiblissement de sa capacité à parvenir à la paix et au développement. Les éléments de l'action préventive comprennent : l'identification précoce des risques, une diplomatie intensifiée, l'accélération des travaux de développement des NU et le renforcement de l'engagement des États membres. Pour parvenir à ces objectifs, il est nécessaire de prioriser les efforts de prévention auprès des organes intergouvernementaux concernés, comme le Conseil de sécurité, l'Assemblée générale, ECOSOC et la Commission de consolidation de la paix. Le SG a constitué un Comité consultatif de haut niveau sur la médiation, afin qu'il lui apporte des conseils en matière d'initiatives de médiation et soutienne des efforts spécifiques en la matière partout dans le monde. Le Comité est constitué de 18 dirigeants internationaux en poste ou retirés, de fonctionnaires supérieurs et d'experts. Il compte également sur le Comité exécutif du SG, composé des dirigeants de l'ensemble des agences du Secrétariat, qui soulève et discute de questions de risques critiques et poursuit une stratégie de prévention et d'atténuation globales des risques.

En matière de paix et de sécurité, un vaste ensemble de mesures cherche à garantir que : l'analyse des risques et la réponse au risque soient partagées, les femmes et les jeunes soient engagés de façon signifiante dans les efforts de paix, le financement de la paix augmente (y compris avec un « bond quantique » dans le soutien au fonds de consolidation de la paix) et des partenariats pour la paix se multiplient, notamment des accords avec des organisations régionales et sous-régionales et avec la Banque mondiale.

En outre, le Conseil de sécurité dirige une revue majeure des opérations de maintien de la paix (PKO) des NU, laquelle peut modifier la façon dont le secrétariat gère les fonctions de paix et de sécurité au sein des NU. Les réformes de gestion se concentrent principalement sur le Secrétariat des NU. Elles cherchent à améliorer l'efficacité, la transparence et la redevabilité d'un système qui, selon certains, est souvent long, incapable de réagir et inefficace. Les processus de changement constant des NU engagent des mesures pour : revoir et simplifier les procédures de ressources humaines afin d'élever la qualité et la vitesse du recrutement, du déploiement et du développement du personnel ; parvenir à instaurer la parité ; améliorer la planification, la formation et le développement des équipes, en portant une attention toute particulière au profil des dirigeants et des responsables ; recentrer la stratégie des NU sur les technologies de l'information et des communications ; et améliorer la gestion globale de la chaîne d'approvisionnement. Sur les trois domaines de réforme, la réforme de l'UNDS est celle qui a actuellement l'impact le plus direct sur les opérations du HCR au niveau national. Après que l'examen du programme quadrennial complet de 2016 a initié le processus de réforme de l'UNDS, le Secrétariat-général a publié un rapport contenant des propositions d'actions, la plupart d'entre elles approuvées par les États membres dans la résolution de la GA sur la réforme de l'UNDS de mai 2019 [https://undocs.org/a/res/72/279].

Groupe de développement durable des NU (UNSDG)
Au niveau international, l'UNSDG constitue un forum pour la création de politiques conjointes et la prise de décisions. Il guide, soutient, suit et supervise la coordination des opérations de développement dans 165 pays et territoires. Il rassemble 36 fonds, programmes, agences spécialisées, départements et bureaux des NU jouant un rôle dans le développement.

Les priorités stratégiques actuelles de l'UNSDG sont les suivantes : aider les pays à parvenir aux objectifs de développement durable (SDG) plus rapidement et à mettre en place l'agenda 2030 pour le développement durable ; aider les partenaires nationaux à respecter leurs obligations en matière de droits de l'homme et intégrer les principes des droits de l'homme et les références internationales dans le travail des NU ; et apporter un soutien efficace aidant les pays en crise et sortis d'une crise à bâtir des sociétés résistantes et à parvenir à une reprise durable.

Les approches stratégiques actuelles de l'UNSDG consistent à : promouvoir des résultats de développement cohérents à travers tout le système de développement des NU afin d'améliorer la transparence et la redevabilité ; vérifier que les systèmes de coordonnateur résident soient de type participatif, collégiaux et mutuellement redevables ; simplifier et harmoniser les pratiques commerciales plus rapidement ; développer des partenariats efficaces et un engagement plus large des multiples parties prenantes ; renforcer le développement des capacités comme fonction essentielle du système de développement des NU ; et intégrer plus complètement la planification, la programmation et la politique.

La mise en œuvre des priorités stratégiques et plans de travail de l'UNSDG est motivée par des mécanismes de travail – des groupes et équipes de travail – qui se concentrent pour favoriser des références, normes et politiques à l'échelle d'un système, ainsi que l'efficacité opérationnelle.

L'UNSDG se réunit deux fois par an, sous la présidence de Mme Amina J. Mohammed, secrétaire-générale adjointe, qui préside l'UNSDG au nom du SG. L'administrateur de l'UNDP, M. Achim Steiner, agit en qualité de vice-président.

L'UNSDG est composé des responsables exécutifs de ses entités membres. Le vice-président de l'UNSDG convoque le groupe central de l'UNSDG, dont les membres comprennent le DESA, la FAO, l'ILO, l'UNDP, l'UNFPA, le HCR, l'UNICEF, ONU Femmes, le WFP, l'OMT, la présidence rotative des commissions économiques régionales et les présidents des groupes de résultats stratégiques de l'UNSDG.

Les coordonnateurs résidents
Le nouveau système des coordonnateurs résidents (RCS) reste concentré sur le développement durable. Son objectif majeur est « l'éradication de la pauvreté sous toutes ses formes et sous toutes ses dimensions ». En janvier 2019, il était indépendant (séparé de l'UNDP). Les coordonnateurs résidents (RC) sont sous les ordres du SG, par le biais du secrétaire-général adjoint des NU. Le bureau de coordination du développement des NU (DOCO), au secrétariat des NU, gère et supervise le système, sous les ordres du secrétaire-général adjoint. Les RC auront autorité pour diriger les équipes pays des NU (UNCT) lorsqu'ils mettent en place le cadre de coopération sur le développement durable des NU (UNSDCF) et aideront les pays à appliquer l'agenda 2030 pour le développement durable. Dans ce contexte, ils ont autorité pour :


o S'assurer que les programmes de développement des agences sont pleinement alignés sur les besoins et priorités de développement nationaux, ainsi que sur l'UNSDCF.
o S'assurer que le financement groupé interorganisation pour le développement est utilisé pour d'autres priorités nationales.
o Coordonner les activités de développement opérationnel des NU en soutien aux efforts des pays pour mettre en œuvre l'agenda 2030.
o Évaluer les résultats des responsables des équipes pays des NU.

Lorsqu'une assistance humanitaire internationale est nécessaire et qu'aucun coordonnateur humanitaire (HC) ou agence responsable n'a été désigné, le RC dirige et coordonne les efforts d'intervention des NU et d'autres acteurs humanitaires importants. En cas de crise des réfugiés, le HCR est l'agence chef de file désignée et dirige l'intervention. Pour permettre au RC de déployer et de coordonner la réponse de développement des NU de façon cohérente et efficace, le HCR doit informer le RC de tous les aspects de son travail.

Les redevabilités des agences de l'UNCT
Les membres d'une UNCT sont redevables et travaillent sous la supervision de leurs agences respectives sur des questions relevant de leur mandat. Ils doivent aussi faire leur rapport au RC de façon régulière à propos des activités de leurs agences individuelles et des contributions de leurs agences au résultat collectif de l'UNSDCF. Les responsables de l'UNCT font également un rapport au RC. Conformément à une résolution récente de l'UNDS [ajouter un lien], ils doivent maintenant rendre compte de toutes les activités relatives à l'UNSDCF.

Financement
Le financement du nouveau système proviendra des sources suivantes :


o Un prélèvement de coordination de 1 % sur des contributions non essentielles fermement réservées aux activités des NU liées au développement, à régler à la source.
o Un doublement de l'accord actuel de l'UNSDG pour le partage des coûts entre entités des NU.
o Des entités du système de développement.
o Des contributions volontaires, prévisibles, sur plusieurs années, à un fonds de fiducie dédié qui fournira des ressources pour les périodes de démarrage.

En outre, un fonds SDG commun a été créé pour l'agenda 2030. Il recevra des contributions volontaires visant à mettre en place des projets de niveau national qui soutiennent les initiatives permettant de parvenir aux SDG. Son objectif est de lever et débourser 290 millions USD chaque année. Cet objectif n'ayant pas été atteint fin 2019, la formule de financement de 2020 pourrait être révisée.

Mise en place régionale
Les structures de développement régionales (bureaux régionaux des agences des NU, UNSDG régionaux, commissions économiques régionales) sont en cours de redynamisation. Le groupe de développement durable des NU (UNSDG) coordonne les programmes de développement régionaux et internationaux des NU. Il assure une supervision, des directives et un renforcement des capacités, aborde les problèmes de directives des politiques concernant les opérations de niveau national et soutient le système des coordonnateurs résidents.

Les équipes pays des NU
Les UNCT organisent une coopération interorganisation des NU et la prise de décision au niveau national. L'UNCT inclut toutes les entités du système des NU qui assurent des activités opérationnelles pour le développement, l'urgence, la récupération et la transition dans un pays. Ses principaux objectifs sont de s'assurer que les membres de l'UNCT planifient et travaillent en coopération, au sein du système des coordonnateurs résidents, afin d'obtenir des résultats tangibles soutenant l'agenda de développement du gouvernement.

Le coordonnateur résident (RC) des NU est le représentant désigné du secrétaire-général des NU pour les questions de développement. Le RC dirige l'UNCT. L'UNCT se réunit au moins une fois par mois pour prendre des décisions par le biais d'un processus consultatif. Tous ses membres sont redevables de manière collégiale envers le RC et l'UNCT, mais aussi directement envers leurs propres organisations, pour produire des résultats dans le cadre de l'UNSDCF et du plan de travail UNCT conjoint.

Le HCR peut exploiter le mécanisme de l'UNCT pour exercer son rôle de leadership dans la protection et défendre l'intégration des réfugiés dans l'UNSDCF. Un plaidoyer est conseillé, à la fois pour inciter les membres de l'UNCT à soutenir les objectifs de plaidoyer du HCR et pour s'assurer que les personnes relevant de la compétence du HCR (PoC) sont incluses dans l'UNSDCF et d'autres mécanismes de planification nationaux.

Le cadre de coopération pour le développement durable des NU
L'UNSDCF est un cadre de programme stratégique sur plusieurs années pour les UNCT. Chaque UNSDCF national a pour but d'optimiser des programmes de développement des NU au niveau national en introduisant des objectifs, des stratégies et des calendriers partagés. Il se prépare en étroite collaboration avec le gouvernement du pays. La Banque mondiale peut également y participer lorsqu'elle contribue aux programmes de développement.

Le processus de l'UNSDCF démarre par une analyse commune du pays (CCA). La CCA identifie des besoins et des changements réalisables. Elle apporte les preuves essentielles à partir desquelles est déduite la théorie de changement de l'UNSDCF et établit l'orientation et le contenu pour un cadre d'assistance stratégique du développement des NU (UNDAF). Les CCA sont tournées vers l'avenir. Lors de leur développement, le système des NU utilise son pouvoir de mobilisation pour consulter le gouvernement et d'autres parties prenantes et les faire participer. L'analyse elle-même est celle des NU et n'exige pas l'aval formel du gouvernement. Parallèlement, la préparation d'une CCA crée des opportunités pour établir des partenariats avec des acteurs majeurs d'un pays, notamment des institutions financières internationales, des organisations de la société civile et le secteur privé.

À la différence des exercices de planification humanitaire et pour les réfugiés, l'UNSDCF n'inclut pas les programmes des ONG ou de la société civile, bien que ces organisations puissent être consultées et devenir des partenaires de mise en œuvre. Les plans humanitaires interorganisations, les plans d'intervention humanitaire (HRP) dirigés par l'IASC et les plans d'intervention pour les réfugiés (RRP) dirigés par le HCR resteront indépendants mais doivent, dans la mesure du possible, compléter l'UNSDCF.

Le comité permanent interorganisations (IASC)
L'IASC est un forum international créé en 1992 au titre de la résolution 46/182 de l'assemblée générale des NU. Dirigé par le sous-Secrétaire général pour les affaires humanitaires et le Coordonnateur des secours d'urgence (ERC), qui est également responsable de l'OCHA, ses membres sont des organisations opérationnelles entretenant des liens avec le système des NU. Les invités permanents comprennent le Comité international de la Croix-Rouge (CIRC), la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC), le Conseil international des agences bénévoles (ICVA), InterAction, le HDCH, la Banque mondiale et le Rapporteur spécial des NU pour les droits de l'homme des personnes déplacées dans leur propre pays. Dans la pratique, aucune distinction n'est faite entre les membres et les invités permanents et le nombre d'agences participantes s'est considérablement élargi depuis 1992. L'objectif principal de l'IASC est d'améliorer l'efficacité de l'action humanitaire en coordonnant les activités de ses membres avec ceux d'autres acteurs humanitaires, d'attribuer des responsabilités et de partager des ressources et des connaissances. L'IASC développe et négocie des politiques humanitaires à l'échelle d'un système et résout des litiges ou des désaccords entre agences humanitaires ou traite d'autres questions humanitaires à l'échelle d'un système.

Vue d'ensemble du rôle du HCR au sein de l'IASC


o Le système de l'IASC traite des questions humanitaires qui n'impliquent pas de réfugiés. La résolution 48/116 de l'assemblée générale (décembre 1993) fixe les bases juridiques de l'engagement du HCR auprès des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays (IDP). Elle est soutenue par la réforme humanitaire de 2005 qui a, à son tour, engendré l'approche sectorielle et l'agenda de transformation. Le HCR est activement impliqué dans l'IASC. Il dirige le groupe sectoriel de la protection et cogère le groupe sectoriel de gestion et coordination des camps (CCCM), ainsi que le groupe sectoriel sur l'abri. (En matière d'abri, le HCR est chef de file dans des situations de conflit et l'IFRC l'est en cas de catastrophes naturelles.)
o Le Haut-commissaire est un responsable (chef d'agence) au sein de l'IASC.
o Le service de partenariat et de coordination de la Division des relations extérieures représente le HCR lors des réunions de groupes de travail de l'IASC.
o La Division de l'urgence, de la sécurité et de l'approvisionnement représente le HCR au groupe des directeurs de l'urgence.
o Le HCR s'est fermement engagé à remplir ses rôles et obligations pour les groupes sectoriels au plan national et international et à faire son rapport à l'ERC à ce propos.

Il convient de garder à l'esprit que, conformément à la nouvelle politique IDP :


o Le HCR s'efforcera toujours de diriger le groupe sectoriel de la protection. L'organisation n'étant pas opérationnelle dans tous les pays, en cas de catastrophe naturelle, le leadership peut être attribué à d'autres agences ayant une forte capacité dans le pays (comme l'UNICEF, le HDCH ou le FNUAP), sous réserve d'un accord des pairs.
o Le HCR s'efforcera de diriger les groupes sectoriels Abri et CCCM dans des situations de déplacements forcés. En règle générale, le HCR n'est pas favorable à la fusion de ces groupes sectoriels car chacun exige des compétences techniques distinctes.
o Les IASC/ERC ne sont pas chefs de file sur les questions de réfugiés, qui relèvent du domaine exclusif du Haut-commissaire, sous les ordres directs de l'Assemblée générale des NU. (L'ERC fait son rapport au Secrétaire-général sur les questions concernant l'IASC.)
o L'ERC active les interventions basées sur les groupes sectoriels pour les IDP et les catastrophes naturelles, par l'intermédiaire de l'IASC. L'ERC n'a pas autorité pour déclarer une urgence de réfugiés. De la même façon, le HCR ne peut pas publier de déclaration d'urgence à l'échelle d'un système ni initier une coordination de groupes sectoriels de sa propre initiative.

L'un des rôles essentiels de l'IASC est de déclarer qu'une urgence s'est intensifiée. En novembre 2018, des protocoles pour une « intensification à l'échelle d'un système » ont remplacé les précédents accords d'activation « d'urgence de niveau 3 ». Une intensification à l'échelle d'un système de l'IASC mobilise l'intégralité de son système humanitaire, en réaction à l'apparition brusque d'une crise ou à une situation qui se détériore rapidement dans un pays ou une région. Les intensifications à l'échelle d'un système sont demandées lorsque la capacité locale ou régionale à diriger, à coordonner et à délivrer une assistance humanitaire ne correspond pas à l'échelle, à la complexité et à l'urgence d'une crise. Les cinq critères pour déterminer une urgence d'intensification à l'échelle d'un système sont les suivants : l'échelle, l'urgence, la complexité, la capacité et le risque d'échec à répondre efficacement aux populations concernées.

Les principales étapes comprennent :
1. Consultation avec les responsables de l'IASC.
2. Mobilisation des capacités d'intervention de l'agence chef de file du groupe sectoriel.
3. Déploiement immédiat des équipes de coordination des groupes sectoriels, possédant des compétences en gestion de l'information, avec une capacité d'intensification.
4. Activation des groupes sectoriels, y compris des chefs de file désignés.
5. Désignation et autonomisation d'un coordonnateur humanitaire (HC). Le HC :


o dirige l'équipe humanitaire pays (HCT). La HCT élabore une évaluation rapide initiale multisecteur (MIRA) et l'utilise pour préparer une déclaration stratégique et un plan d'intervention ;
o dirige les demandes d'attribution au fonds d'intervention d'urgence central (CERF) ;
o recherche le consensus au sein de la HCT sur les principales décisions mais a autorité pour finaliser les propositions ;
o soulève tout problème de résultats du chef de file du groupe sectoriel auprès de l'ERC pour en discuter avec les dirigeants de l'IASC ;
o supervise l'efficacité de la coordination et de la livraison, de la surveillance, des rapports et des revues.

Processus importants

Le Sommet humanitaire mondial
Le HCR a participé au Sommet humanitaire mondial, réuni par le Secrétaire-général des Nations unies à Istanbul en mai 2016.

En plus de signer les 32 engagements soutenant les cinq responsabilités clés de l'Ordre du jour de l'humanité, le HCR a réalisé 33 engagements individuels et rejoint plusieurs initiatives. Parmi celles-ci, le HCR s'est engagé à diriger les efforts interorganisations afin de placer la protection au centre de l'action humanitaire, d'assurer un engagement fiable dans des situations de déplacements internes et de mener les efforts visant à mettre fin à l'apatridie.

Conformément à son engagement envers un « grand compromis », approuvé par les principaux donateurs et organisations humanitaires lors du sommet, le HCR apporte des changements internes afin d'améliorer son efficacité, son efficience, sa transparence et sa redevabilité. Il a également mis la priorité sur le respect de l'engagement à agir (https://www.agendaforhumanity.org/initiatives/3837), lui aussi signé lors du sommet, qui appelle à une « Nouvelle façon de travailler ». Via la plate-forme Ordre du jour de l'humanité, le HCR fait des rapports annuels sur les progrès permettant d'atteindre ces engagements (à l'adresse : https://www.agendaforhumanity.org/stakeholder/282).

Engagement à agir : une Nouvelle façon de travailler et des résultats collectifs
Avec les SDG en arrière-plan, qui promettent de ne laisser personne derrière et de mettre fin aux besoins en réduisant les risques et les vulnérabilités, la Nouvelle façon de travailler est désormais un engagement partagé par les NU et de l'IASC. S'appuyant sur des processus internationaux majeurs, y compris l'agenda 2030 en faveur du développement durable, le Sommet humanitaire mondial, le Pacte mondial sur les réfugiés [le pacte assurant la facilitation d'une migration sûre et ordonnée] et des résolutions jumelles sur le maintien de la paix, l'introduction de nouvelles méthodes de travail est reconnue comme un impératif pour l'action humanitaire et le développement. Du point de vue du HCR, l'objectif doit être d'améliorer l'environnement de protection et de contribuer à la paix et à la prévention du conflit. Afin de réduire l'impact des crises longues sur les populations concernées, il est nécessaire de répondre aux besoins immédiats et d'investir dans le moyen et long terme, en vue de réduire les vulnérabilités chroniques et les risques que subissent les communautés concernées.

Il est largement admis que les acteurs de l'assistance doivent faire évoluer leur réflexion et leurs méthodes de travail afin de répondre de façon plus cohérente à ces questions. L'adoption d'une analyse des « résultats collectifs » et d'une approche « sur l'ensemble de la société » peut permettre de rassembler des secteurs et des calendriers d'intervention traditionnellement séparés. L'IASC prévoit de publier des Directives pour des résultats collectifs en 2020.

L'analyse des résultats collectifs a pour but d'utiliser les avantages comparatifs dont profitent différentes agences pour transcender la réflexion conventionnelle, les vases clos et autres obstacles aux attitudes, aux institutions et aux financements. Dans la pratique, les agences participantes définissent une vision collective basée sur une analyse commune du contexte et des risques (à court, moyen et long terme) et conviennent de stratégies, de rôles et de responsabilités sur la base de la capacité comparative (avantage) des participants pour parvenir aux différents résultats. Il faut garder à l'esprit que la définition d'un avantage comparatif englobe le mandat, la capacité et la possibilité d'agir d'une organisation.

Concrètement, pour appliquer la Nouvelle façon de travailler, les HCT et UNCT :
1. mènent conjointement des analyses prévisibles de la situation et des problèmes ;
2. produisent des planifications et des programmes de façon plus inclusive et cohérente, permettant aux acteurs humanitaires et du développement de convenir de résultats collectifs ;
3. renforcent le leadership et la coordination ;
4. introduisent des modalités de financement pouvant soutenir les résultats collectifs.

L'adoption d'une approche des résultats collectifs implique des objectifs qui assurent un changement positif durable et, en particulier, rendent les futures interventions humanitaires inutiles en réduisant les vulnérabilités et les risques. Dans la plupart des cas, la réalisation de ces objectifs exige une action sur plusieurs années. Le « changement positif » peut inclure des éléments humanitaires, de développement et de maintien de la paix. L'action humanitaire pourrait rester pertinente mais serait mise en place de façon à promouvoir un changement positif durable.

Coordination des réfugiés
Au titre de son statut, le HCR assure une protection internationale des réfugiés et recherche des solutions permanentes pour eux, sous l'autorité de l'Assemblée générale (GA). À ce titre, il est chef de file en matière de protection des réfugiés, chargé de chercher des solutions dans le système des NU, conjointement à un vaste réseau de parties prenantes. Comme l'indiquent les résolutions ultérieures de la GA, ses responsabilités incluent la coordination, la fourniture de protection et d'assistance, l'obtention de solutions et le plaidoyer. Notons que le HCR a également un rôle de superviseur : c'est l'entité des NU la plus immédiatement responsable de s'assurer que les États respectent les références acceptées à l'international en ce qui concerne les réfugiés et les apatrides et de renforcer leur capacité à protéger ces deux groupes de personnes.

Le HCR dirige et gère efficacement des opérations de réfugiés depuis des décennies. Toutefois, depuis plusieurs années, il n'a pas établi de modèle de coordination des réfugiés qui tienne compte des changements dans le paysage humanitaire. Le Modèle de coordination pour les réfugiés (RCM), formalisé en 2013 et mis à jour en 2019, rend plus prévisible l'approche de la coordination du HCR en précisant les rôles et les responsabilités. Les récentes résolutions de l'Assemblée générale des NU ont confirmé le RCM et le mandat du HCR à diriger et coordonner l'intervention pour les réfugiés (A/RES/69/152, A/RES/70/135).

Les États sont responsables au premier chef de protéger les réfugiés. Toutefois, plusieurs facteurs peuvent limiter leur capacité à se charger pleinement de cette responsabilité. Plus de deux tiers des réfugiés vivent dans des pays à revenus faibles ou moyens, confrontés à des difficultés économiques et de développement. L'arrivée de grands nombres de réfugiés pèse sur des infrastructures et des prestations de services déjà surchargées. De plus, les institutions de nombreux États, à tous les niveaux de développement, ne sont pas équipées pour recevoir, protéger ou autrement répondre comme il se doit aux difficultés liées à l'arrivée d'importants flux de réfugiés. Il est donc admis depuis longtemps que la coopération internationale est nécessaire pour soutenir les États qui reçoivent des réfugiés. Cette notion est au cœur de la création du HCR et de la Convention de 1951 sur le statut des réfugiés. L'importance de la coopération a ensuite été confirmée au sein de plusieurs instruments régionaux et soulignée par le Pacte mondial sur les réfugiés (GCR) qui a indiqué : « Il est urgent de procéder à un partage plus équitable de la charge et des responsabilités pour accueillir et soutenir les réfugiés dans le monde, compte tenu des contributions existantes et des différences en termes de capacités et de ressources entre les États. Les réfugiés et les communautés d'accueil ne devraient pas être abandonnés. » Le GCR appelle à une approche de partenariat, aux multiples parties prenantes, afin de parvenir à cet objectif et permettre que le HCR joue à la fois un rôle de soutien et de catalyseur.

Le mandat du HCR consiste à affirmer et soutenir le droit de chaque réfugié à un retour volontaire, sûr et digne dans son pays. Le HCR propose des conseils et guide l'action des NU afin de faciliter le retour volontaire vers les pays d'origine, lorsque les conditions permettent un retour sûr, digne et durable.

Le système des NU prévoit que le HCR le conseille sur les retours des réfugiés, d'après son évaluation de la capacité du pays à recevoir ces personnes, garantir leur sécurité, fournir des services essentiels et le faire durablement.

Dans la pratique, les responsabilités de coordination du HCR sont réparties, au plan opérationnel, dans les grands domaines suivants :
1. Préparation. Il travaille avec le gouvernement et les partenaires pour : évaluer la probabilité d'arrivée de réfugiés ; déterminer l'impact des arrivées sur les mécanismes d'intervention nationaux ; et, en fonction du niveau de risque, engager des actions de préparation.
2. Plaidoyer. Il intervient à l'échelon politique, diplomatique et juridique afin d'influencer la législation et les pratiques nationales. Ce faisant, le HCR peut s'entretenir directement avec les gouvernements d'accueil.
3. Renforcement des capacités nationales. Il peut renforcer la capacité d'institutions nationales et d'acteurs locaux à protéger des réfugiés et à trouver des solutions en la matière.
4. Livraison. Il délivre la protection et l'assistance et promeut les solutions.
5. Coordination. Il implique des partenaires des NU et autres parties prenantes dans le développement et la mise en place d'une stratégie de protection et de solutions soutenant les réfugiés et il aide les pays d'accueil à soutenir les réfugiés.
6. Participation. Il travaille avec les réfugiés et les communautés d'accueil en tenant compte de l'âge, du genre et de la diversité et s'assure qu'ils participent à l'élaboration de réponses à leurs besoins qui soient appropriées, accessibles et inclusives.
7. Mobilisation des ressources. Il lève des fonds pour répondre aux réfugiés, y compris par des plans et des appels interorganisations. Notamment, il définit des objectifs de protection ; coordonne la mobilisation des ressources ; élabore des plans interorganisations initiaux ; publie des rapports sur leur mise en œuvre et leur impact ; et assure le suivi des contributions.
8. Élargissement de la base des soutiens. Il cherche un vaste éventail de parties prenantes, y compris dans le secteur privé et des acteurs de développement multilatéraux et bilatéraux, et travaille avec eux pour renforcer la capacité institutionnelle et aider les communautés d'accueil à répondre à leurs besoins humanitaires d'urgence. Le cas échéant, il travaille avec ces parties prenantes pour surmonter les chocs provoqués par un conflit ou d'importantes arrivées de réfugiés.
9. Surveillance et établissement de rapports. Il surveille la situation des réfugiés et l'application du régime de protection internationale et établit des rapports afférents.
10. Prévention. Le HCR utilise les bons offices du Haut-commissaire pour éviter des situations qui provoquent la fuite de réfugiés, traiter les causes essentielles de la migration et du déplacement et promouvoir l'implication des réfugiés dans les efforts de maintien de la paix.
11. Solutions. Il favorise les solutions durables ; conçoit des réponses pour les réfugiés qui facilitent les solutions ; et garantit que les solutions soient mises en place de façon sûre et durable. Ce travail implique de pouvoir garantir le retour et la réintégration, la réinstallation, l'intégration locale, l'obtention de voies supplémentaires et d'autres solutions locales.

Pour davantage d'informations sur l'interface de coordination des réfugiés avec les systèmes de développement et de groupes sectoriels, consultez le chapitre sur le Modèle de coordination des réfugiés.

Le rôle et les redevabilités du HCR

Contacts principaux

Entrer en contact avec le Service des partenariats et de la coordination à la Division des relations extérieures du HCR :


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